La Politique des Etats-Unis
Rapport sur le Progrès de la Liberté et de la Démocratie
CÔTE D'IVOIRE
Section 1
La Côte d'Ivoire s’efforce d’émerger de la crise politique la plus grave qu’elle ait connue depuis son accession à l’indépendance. Après plus de 30 ans de stabilité, le pays a sombré dans la crise en 1999 lorsque son président élu a été déposé à la suite d’un putsch militaire. Les élections présidentielles tenues en 2000 ont été entachées de violences et d’irrégularités graves et leur résultat a été vivement contesté. Les adversaires du président élu Laurent Gbagbo ont lancé en septembre 2002 une tentative de coup d’État qui a déclenché des affrontements entre les forces armées ivoiriennes et les Forces nouvelles (FN) rebelles, qui ont alors pris le contrôle de la moitié nord du pays. En mars 2007, le président Gbagbo et le secrétaire général des FN Guillaume Soro ont signé l’Accord politique de Ouagadougou en vertu duquel il a été établi un gouvernement de transition avec Guillaume Soro pour premier ministre et qui prévoyait des élections présidentielles pour la fin de l’année. Certains progrès ont été enregistrés au cours de l’année 2007 dans la mise en application des dispositions de l’accord, mais pratiquement aucuns sur la question essentielle du désarmement. Les pratiques du gouvernement dans le domaine des droits de l’homme, qui ont marqué une légère amélioration en 2007, sont restées médiocres dans leur ensemble. Il a été fait état des violations suivantes dans ce domaine : restrictions aux droits des citoyens de changer de gouvernement ; exécutions arbitraires et illicites, notamment exécutions sommaires par les forces de sécurité, les milices et les groupes d’étudiants progouvernementaux ; impunité des forces de sécurité ; arrestations et détention arbitraires ; déni de procès public équitable ; ingérence arbitraire de l’État dans la vie privée, les affaires familiales, le domicile et la correspondance des gens ; usage de force excessive et autres abus dans les conflits intérieurs ; restrictions des libertés d’expression, de la presse, de réunion pacifique, d’association et de mouvement ; corruption ; discrimination et violence envers les femmes ; traite des personnes ; et travail des enfants, y inclus dans des conditions dangereuses. Les pratiques des FN en matière de droits de l’homme ont, elles aussi, marqué une légère amélioration en 2007, mais sont restées médiocres. L’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire a signalé des cas d’assassinat et de disparition de civils dans les territoires contrôlés par les FN. Celles-ci ont continué d’arrêter et de détenir arbitrairement des personnes et de mener des procédures judiciaires arbitraires ad hoc. Il a été fait état d’exécutions et d’arrestations extrajudiciaires de personnes soupçonnées de tentatives de renversement du gouvernement.
Section 2
La stratégie appliquée par le gouvernement des États-Unis pour promouvoir la liberté et la démocratie consiste notamment à fournir des appuis en vue de la réconciliation nationale, du renforcement des processus démocratiques et de la société civile et de la lutte contre la traite des personnes et le travail des enfants. Des fonctionnaires des États-Unis s’entretiennent avec des membres du gouvernement ivoirien et des partis de l’opposition pour plaider en faveur de la tenue d’élections libres et régulières. Le secrétaire d’État adjoint s’est rendu dans le pays en novembre 2007 pour informer les dirigeants politiques de l’appui du gouvernement des États-Unis en faveur de l’Accord de Ouagadougou et pour les encourager vivement à appliquer celui-ci promptement, notamment en organisant dès que possible des élections crédibles. L’ambassadeur et d’autres représentants officiels des États-Unis interviennent régulièrement auprès du gouvernement ivoirien pour insister dans ce sens et ils ont réitéré publiquement le message du secrétaire d’État adjoint.
Section 3
Outre les déclarations publiques, les États-Unis financent plusieurs programmes en faveur de l’adoption de principes démocratiques. Le gouvernement fédéral a apporté son concours financier à un programme mis en œuvre dans la région occidentale troublée du pays pour promouvoir la réconciliation et la résolution alternative des différends. Il continue par ailleurs de parrainer les efforts déployés par des ONG américaines visant à renforcer le suivi du processus d’identification mené par la commission électorale et les partis politiques, à fournir des conseils techniques sur la réforme de l’inscription des électeurs et à accroître la sensibilisation et les capacités en matière de lutte contre la corruption et les atteintes aux droits de l’homme.
Des responsables officiels des États-Unis rencontrent fréquemment des membres de la presse pour parler de la liberté des médias et des droits de l’homme et pour souligner l’importance que les États-Unis attachent à la liberté de la presse. Aux fins de promouvoir la liberté des médias et la liberté d’expression, les États-Unis ont coparrainé des vidéoconférences numériques, des débats sur des livres et des tables rondes à l’intention de journalistes et de rédacteurs sur les responsabilités d’une presse libre. Le gouvernement des États-Unis continue de financer un programme de formation pour les rédacteurs et les journalistes visant à encourager le professionnalisme et à contribuer à la dépolitisation d’une presse souvent vitriolique. Des fonctionnaires américains ont dispensé des formations sur la couverture électorales à des rédacteurs et à des correspondants régionaux et ont mené des débats sur la politique et le journalisme avec des rédacteurs, des associations de médias et des groupes de surveillance des médias. Des représentants officiels des États-Unis ont également fait des tournées dans les grands organismes d’information pour souligner l’importance de la liberté de la presse et le rôle et la responsabilité des médias dans la résolution des conflits. Le gouvernement des États-Unis a dispensé une vaste formation sur les reportages concernant le VIH/sida pour les stations de radio et les grands journaux.
En 2007, des activistes membres d’ONG, des dirigeants communautaires et des membres de professions libérales ont participé à toute une gamme de programmes de sensibilisation sur la résolution des conflits, l’éducation civique, la transparence et la bonne gouvernance, et les femmes et le développement. Ces programmes ont comporté notamment la diffusion d’articles et d’ouvrages traitant des droits de l’homme, de la démocratie et de la bonne gouvernance à des personnes-contacts clés et à des conseils municipaux répartis dans tout le pays.
Section 4
Les États-Unis soutiennent des activités de promotion de la tolérance religieuse et de défense des droits des femmes. Dans ce dernier domaine, le gouvernement des États-Unis a appuyé un programme d’alphabétisation des femmes exécuté avec une ONG locale dans les régions de Korhogo et de Ferkessedougou, dans le nord du pays. Le gouvernement des États-Unis a également apporté son concours à un programme de sensibilisation et de formation à l’intention d’éducateurs communautaires pour lutter contre les mutilations génitales féminines dans la région d’Abidjan et dans la ville de Korhogo dans le nord.
À la suite de la révolte de 2002, le gouvernement ivoirien a ciblé les personnes perçues comme partisans des rebelles, dont beaucoup étaient musulmanes, et a exercé des représailles. De vigoureux efforts déployés par des organisations religieuses et des groupes de la société civile ont contribué à empêcher la crise politique de déboucher sur un conflit religieux. Des représentants officiels des États-Unis ont organisé des programmes consacrés à la tolérance religieuse, et notamment deux iftars (dîners de rupture du jeûne du Ramadhan) pour des dirigeants de la société civile musulmans et une vidéoconférence numérique avec des dirigeants religieux sur le rôle de ceux-ci dans l’instauration de changements sociaux. Le gouvernement américain a envoyé deux dirigeants religieux, un musulman et un chrétien, aux États-Unis où ils ont participé dans le cadre du Programme des visiteurs internationaux à des activités sur la tolérance religieuse axées en particulier sur la séparation de la religion et de l’État.
Pour lutter contre le travail et la traite des enfants, les États-Unis ont fourni un financement à une ONG locale qui a dispensé à Abidjan, dans le quartier de Yopougon, des cours d’alphabétisation et une formation professionnelle à 40 filles, anciennes victimes de la traite à des fins de prostitution. Le gouvernement des États-Unis a continué de financer la lutte contre le travail des enfants en établissant un système de surveillance du travail des enfants conçu pour veiller à ce que les fèves de cacao achetés par les entreprises américaines aient été cultivées et/ou traitées en évitant les pires formes de travail des enfants. Les représentants officiels des États-Unis s’expriment fréquemment contre le travail et la traite des enfants dans des entretiens avec des responsables gouvernementaux ivoiriens. Le gouvernement des États-Unis a également continué de financer un programme entrepris avec une organisation internationale pour mettre fin au travail des enfants dans les secteurs du cacao et des pêcheries ainsi qu’un projet visant à soustraire les enfants aux pires formes de travail des enfants et à les scolariser. Le gouvernement des États-Unis a appuyé une ONG locale qui promeut la scolarisation et qui s’emploie à prévenir l’exploitation des enfants dans un village du département d’Oumé, dans la région centre-sud.