L'Ambassadeur
Les Discours de l'Ambassadeur
Discours de L’Ambassadeur des Etats-Unis à l’occasion de la Conférence sur la Violence Basée sur le Genre
Je suis très honorée d’être avec vous aujourd’hui pour cette cérémonie d’ouverture et d’avoir l’occasion d’exprimer ma solidarité personnelle et la solidarité de toutes les femmes du Corps Diplomatique avec vous, les femmes de la Côte d’Ivoire en particulier et les femmes de l’Afrique de l’ouest en général, dans vos efforts de lutte contre le grave problème de la violence basée sur le genre.
Je saisis cette occasion pour féliciter Mme la Ministre de la Famille et des Affaires Sociales d’avoir organisé cette conférence si importante pour marquer les 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre. Je voudrais également rendre hommage à Mme la Première Dame de la République. Votre présence est un signal très fort démontrant l’importance de ce sujet et le besoin urgent de prendre des mesures concrètes et durables pour combattre ce fléau.
Les 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre prennent fin aujourd’hui – le 10 décembre qui est aussi la Journée Internationale des Droits de l’Homme. Ces 16 jours, qui ont commencé le 25 novembre, représentent un pont qui vise à lier la violence faite aux femmes aux droits de tous les êtres humains. Nous devons dépasser l’idée que la violence basée sur le genre est un problème de femmes, et le reconnaître poufrèrr ce qu’il est – une violation des droits de l’homme. La violence à l’égard des femmes est un problème universel et l’une des violations les plus courantes des droits humains. Les Nations Unies ont déjà établi qu’une femme sur trois subira une forme quelconque de violence dans sa vie. Ceci constitue une épidémie qui détruit des vies, divise les communautés et freine le développement et la prospérité.
Aux États-Unis, par exemple, nos experts ont calculé que la violence faite aux femmes dans leur foyer – c’est-à-dire, par un mari ou un copain, coûte à notre économie 5.8 milliards de dollars chaque année. Je veux souligner que ce coût prend en compte une seule forme de violence – Imaginez le coût, si nous étions en mesure de calculer le taux de toutes les formes de violence basée sur le genre dans tous les pays du monde. Bien entendu, les coûts en termes émotionnels et sociaux sont incalculables.
Heureusement, il y beaucoup d’actions qui sont en cours pour combattre ce problème sur le plan mondial. Il y a un an que les Nations Unies ont lancé une campagne mondiale pour sensibiliser et encourager les gouvernements à travers le monde à prendre des mesures concrètes afin d’éliminer éventuellement ce phénomène.
Lors de notre tour de présidence du Conseil de Sécurité en juin 2008, les États-Unis ont mis l’accent sur les actions qui résulteraient de la résolution 1325 du Conseil de Sécurité de l’ONU sur “Femmes, Paix et Sécurité”. Le 19 juin, les États-Unis ont présidé un débat thématique ouvert du Conseil de Sécurité portant sur le thème de la violence en situations de conflit armé. Le débat s’est terminé par l’adoption de la résolution 1820, qui condamne l’usage de la violence sexuelle en situations de conflit et post conflit.
Nous croyons que cette résolution représente une avancée significative et nous soutenons entièrement les efforts de l’UNIFEM qui s’efforce, sur plusieurs fronts, de briser le cycle de la violence à l’égard des femmes, en cherchant à relier la violence à la source qui l’alimente: l’inégalité entre les sexes.
Les résolutions et les déclarations sont importantes parce qu’elles véhiculent le message que ce genre de comportement n’est plus acceptable. Mais pour réaliser des changements, il faut des actions.
Pendant des mois, à l’invitation de l’Ambassade, huit organisations d’élèves et de femmes se sont réunies pour élaborer un plan d’action de lutte contre les violences sexuelles en milieu scolaire. Ces organisations regroupées au sein d’un comité restreint, ont bénéficié en Septembre 2008 d’un financement de 25 000 dollars US de la part de l’Ambassade des États-Unis, pour réaliser un projet visant à réduire les violences sexuelles et prendre en charge les victimes dans les écoles de huit communes du district d’Abidjan au cours de l’année scolaire 2008-2009.
Ce projet qui a démarré en novembre 2008 par le renforcement des capacités des ONG chargées de sa mise en œuvre, mettra l’accent sur le plaidoyer en direction des autorités pour les inciter à protéger, défendre et respecter les droits des filles à recevoir une éducation scolaire, dans un environnement sain et sécurisé, qui favorise leur réussite scolaire et sociale.
Ce projet mettra aussi l’accent sur la sensibilisation des acteurs du système éducatif (ministères, chefs d’établissement, enseignants, éducateurs, élèves), et le plaidoyer pour l’application de la loi sur le harcèlement sexuel dans les écoles.
Ce sont environ 2000 élèves, 1600 enseignants, 50 éducateurs et 16 responsables d’établissement qui seront les bénéficiaires directs de ce projet. Je suis très encouragée par ce projet qui montrent qu’on peut beaucoup faire avec un petit somme d’argent.
En regardant les pays qui ont déjà réduit le niveau de la violence basée sur le genre, nous pouvons tirer certains grands leçons :
Au niveau des gouvernements, il faut des lois et il faut appliquer ces lois. Au niveau de la société, il faut que les leaders dans tous les secteurs dénoncent la violence faite aux femmes et jeunes filles, et il faut créer des espaces sains et sécurisants, des endroits où les femmes peuvent être à l’abri de la violence. Au niveau individuel, il faut du courage. Il faut briser le silence. Il faut que les hommes disent à leurs frères d’arrêter les pratiques violentes, et il faut que les femmes disent aux sœurs, nous ne méritons pas ce genre de traitement et nous devons travailler ensemble pour mener ce combat.
Mesdames et Messieurs, nous savons tous que 16 jours ne changeront pas les pratiques de longue date, mais 16 jours peuvent marquer le commencement d’un nouvel esprit, d’un nouveau langage – 16 jours peuvent traduire un message clair et sincère: que les femmes sont égales aux hommes, que les femmes ont la même valeur et méritent le même respect et la même protection que les hommes, et que nous tous, nous allons faire ce qu’il faut faire pour que ce message soit accepté.
Je vous remercie.